Aanokiwan aanjichigewin : Donner un nom à notre cheminement vers la réconciliation

30 avril, 2026 | Initiatives et projets

Alors que le Réseau Compassion Network poursuit son chemin vers la réconciliation et accompagne les organismes de son réseau dans leur parcours, nous avons eu l’honneur de recevoir un nom pour ce travail. Notre Plan de vérité et de réconciliation, élaboré conjointement avec le personnel du réseau et un cercle consultatif autochtone, s’est vu attribuer un nom lors d’une cérémonie du calumet le 20 mars 2026.

Daniel Lussier, directeur général du Réseau Compassion Network, est assis en cercle avec Rhonda Forgues de Spirited Ways Consulting, avant le début de la cérémonie.

Pour les personnes présentes à la cérémonie, le cercle était chargé de sens, d’émotion et de réflexion. Chaque membre du cercle a eu l’occasion d’apprendre les uns des autres, de réfléchir à son rôle dans la réconciliation et de découvrir les modes de vie autochtones. Comme l’a confié un membre du personnel : « Je dois avouer que je me demandais pourquoi nous donnions un nom à un plan, quelque chose que nous avons rédigé et que nous nous sommes engagés à mettre en œuvre. Mais après cela, après avoir entendu vos paroles et avoir pris part au cercle, je comprends. Cela rend notre plan plus réel, et encore plus chargé de sens. Merci pour ce cadeau. »

Ci-dessous, une copie de l’histoire du nom spirituel, telle que fournie par Helen Robinson-Settee.

« Tansi. Aaniin Boozhoo. Esikwe nidishinigas. Mahkwa ni dodem. Winnipek shogo Thasgathchewenoong  nidooji. »

Salutations à tous et toutes en Innimowin et Anishibemowin. Mon nom spirituel est Clam Woman et mon animal totem est l’ours*. Je suis originaire de Winnipeg et de la Première Nation de Dauphin River. Je m’appelle Helen Robinson-Settee et je suis membre du Cercle consultatif autochtone du Réseau Compassion Network (RCN).

Nancy Parker m’a remis du tabac au nom du Réseau Compassion Network afin que je leur donne un nom spirituel pour leur Plan de vérité et de réconciliation. Il existe de nombreuses façons de recevoir un nom spirituel. La méthode qui m’a été enseignée pour trouver des noms spirituels m’a été transmise par Grand-mère Myra Laramee. Elle m’a appris à placer le tabac soit sous mon oreiller, soit à côté de mon lit, et à demander au Créateur le nom spirituel qui m’avait été demandé.

La première nuit où j’ai placé le tabac à côté de mon lit, j’ai fait un rêve. Voici ce rêve :

Il y avait un bâtiment en pierre et je ne savais pas trop s’il s’agissait d’une église ou d’un établissement d’enseignement supérieur, car il y avait à la fois des personnes âgées et des jeunes adultes dans mon rêve. Les personnes âgées étaient rassemblées dans une salle de réunion et discutaient. Il n’y avait pas de jeunes dans la pièce. Quand je suis sortie, j’ai vu un groupe de jeunes qui discutaient, mais ils n’étaient pas contents. Ils haussaient le ton et contestaient ce qui semblait être le groupe de personnes âgées.

Je suis allée leur parler et je leur ai dit qu’ils étaient puissants et influents, et qu’ils pouvaient faire bouger les choses en travaillant ensemble. Je leur ai dit : « Vous pourriez être des “agents du changement” ». J’avais déjà entendu cette expression, « agents du changement », de la bouche d’un éducateur nommé James Banks, qui travaillait dans les domaines de l’éducation et de la justice sociale. Les jeunes ont commencé à marcher dans le bâtiment en pierre pour entrer dans la salle de réunion. Ils étaient désormais calmes et prêts à s’atteler à la tâche qui les attendait.

En anishinaabemowin, il n’existe pas de mot correspondant à « agent » en tant que tel, alors lorsque j’ai discuté avec Grand-mère Myra Laramee et la gardienne de la langue** Agnes Catcheway, elles ont toutes deux convenus que les termes « Travailleurs » ou « Acteurs du changement » étaient ceux qui avaient été donnés par le Créateur. Aanokiwan aanjichigewin, c’est-à-dire les Travailleurs/Acteurs du changement, qui mettront en œuvre le travail qui attend RCN tout au long de son parcours de vérité et de réconciliation.

D’autres messages figuraient dans ce rêve, et ce fut un honneur de recevoir la bénédiction de ce nom en présence de certains membres du conseil d’administration, du personnel et du Cercle consultatif autochtone. Les porteurs de calumet et les chanteurs membres du Cercle consultatif ont été invités à partager leurs cadeaux s’ils le souhaitaient. Albert McLeod, gardien du savoir et porteur de calumet a partagé l’histoire de son calumet, tout comme Helen Robinson-Settee. Susan Swan a également chanté pendant la cérémonie. »

* Dans les communautés autochtones, les gens partagent leur nom de médecine familial pour signifier leur identité clanique, leur lignée et leurs enseignements.

** Les gardien.ne.s de la langue sont les membres de leur communauté qui possèdent une connaissance de leur langue traditionnelle.

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