Les liens intergénérationels : un remède contre la solitude

29 janvier, 2026 | Initiatives et projets

Lorsque Gladys Hrabi est entrée en fonction au poste de directrice générale de l’Association catholique manitobaine de la santé (CHAM) en 2024, elle a immédiatement été frappée par un dossier qui avait été laissé en suspens : la lutte contre l’exclusion sociale et l’isolement des personnes âgées. « Je voulais commencer mon mandat en travaillant sur un sujet où nous pouvions rapidement faire la différence », explique-t-elle. « Nous avions déjà lancé quelques programmes et lorsqu’une nouvelle opportunité de financement s’est présentée pour appuyer la création de liens intergénérationnels, nous avons su que cela correspondait parfaitement à ce que nous essayons d’accomplir : aider les personnes âgées à lutter contre la solitude. »

Ainsi, avec le soutien financier de New Horizons for Seniors et l’appui de sa collègue Rachel Neufeld, assistante sociale et coordinatrice de projets, Mme Hrabi a commencé à concevoir un projet qui offrirait un moyen pour les personnes âgées et les jeunes d’apprendre à se connaître. Pour se faire, elles ont commencé par réunir un groupe consultatif composé de quatre personnes âgées et de quatre jeunes.

L’une des premières choses que le groupe consultatif a partagées était que ni l’une ni l’autre des tranches d’âge ne souhaitait être passive. Les étudiant.e.s ont spécifiquement déclaré vouloir interagir et avoir la possibilité de faire connaissance avec les personnes âgées; un intérêt commun serait un excellent point de départ. Le groupe a choisi la musique comme premier thème autour duquel organiser un événement.

En mettant en relation des établissements de soins de longue durée comme Actionmarguerite, la Résidence Despins, Misericordia Terrace et Holy Family Personal Care Home avec des étudiants d’écoles catholiques situées un peu partout en ville, un groupe de 35 personnes âgées et 25 jeunes ont passé une soirée ensemble en décembre, puis à nouveau au début du mois de janvier.

Rachel Neufeld

« Nous avons chanté, dansé, discuté de musique et partagé des anecdotes », raconte Mme Neufeld. « Comme dans toute réunion sociale, certaines personnes étaient enthousiastes et avaient beaucoup à dire. D’autres étaient un peu plus hésitantes, mais cela fait partie du processus d’apprentissage mutuel et de croissance commune. C’est ainsi que nous construisons une communauté. »

Mme Hrabi est encouragée par les conversations qu’elle a entendues au sein du comité consultatif et pendant les événements. « Les jeunes peuvent penser que les personnes âgées ne les comprennent pas ou ne comprennent pas ce qu’ils vivent, explique-t-elle. Mais elles les comprennent ! Certaines des difficultés auxquelles nous sommes confrontés peuvent être très similaires, quel que soit notre âge. Ce n’est pas parce que les personnes âgées ont atteint un âge vénérable qu’elles ont toutes les réponses, mais elles ont des expériences à partager. C’est incroyable de voir les idées préconçues s’effacer à mesure que les jeunes et jeunes de cœur apprennent à se connaître. »

Si le fait de confronter les préjugés et de faire preuve de curiosité est excellent pour réduire l’isolement et créer des liens, de tels rassemblements apportent également beaucoup de rires aux deux groupes. « Nous avons mis de la musique pendant l’événement, et alors que l’on discutait, un homme de 75 ans a mentionné qu’il s’agissait d’une nouvelle chanson de Taylor Swift », se souvient Mme Hrabi avec un sourire. « Les jeunes n’avaient aucune idée de qui était l’auteure de la chanson ! Nous avons également eu un étudiant qui pensait que quelques-uns des aînés du groupe avaient participé à la Seconde Guerre mondiale, ce qui n’était pas le cas pour la plupart d’entre eux, qui étaient une ou même deux décennies trop jeunes pour y avoir participé… Il y a eu beaucoup de mythes à démystifier, c’est certain ! »

Pour sa part, Mme Neufeld a un indicateur simple du succès de ces rencontres : « J’avais prévu des plans de secours au cas où les gens ne participeraient pas, mais cela n’a pas été nécessaire », explique-t-elle. « Je pensais que nous devrions nous concentrer sur les activités et encourager les gens à interagir, mais j’ai, au contraire, dû interrompre quelques conversations pour nous permettre de faire toutes les activités prévues. Je me suis presque sentie coupable de devoir intervenir! »

Alors que les interactions amicales et amusantes entre les générations se poursuivent, le financement de cette initiative sera limité dans le temps sous la direction de CHAM. Mais Mme Hrabi ne se décourage pas et estime que ce n’est qu’un début. « Nous avons commencé à mettre en relation ces groupes de personnes et nous espérons que cela va se développer », confie-t-elle. « Des gens m’ont demandé s’ils pouvaient continuer à se rencontrer après la fin du financement en mars, et cela me rend très heureuse. Ce genre de joie et de connexion est possible pour nous tous, si nous trouvons le bon espace pour nous y engager. »

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