Mot du cœur

30 mars, 2026 | Le mot du cœur

Maxine Robert (à droite) avec son épouse Chantale Lavack.

Maxine Robert, notre adjointe à la direction et cheffe de bureau, s’est récemment impliquée davantage au sein de la communauté franco-queer. Elle nous fait part de ses réflexions sur l’évolution de la société, sur l’engagement du Réseau Compassion Network, et sur ce qu’elle espère pour l’avenir.

Réseau Compassion Network : Vous avez récemment rejoint le conseil d’administration du Collectif LGBTQ* du Manitoba, une organisation à but non lucratif qui soutient la santé et le bien-être de la communauté queer, tout en contribuant à assurer sa sécurité et son sentiment d’appartenance. Racontez-nous comment vous vous êtes engagée.

Maxine Robert : Je connaissais le Collectif depuis sa création en 2019, mais lorsque RCN a souhaité entamer un dialogue avec eux, j’ai trouvé ça plutôt cool que notre organisation tende la main à cette communauté, car c’est une autre de mes communautés. Cela m’a rapprochée un peu plus du Collectif, et je m’implique parce que cela me touche directement. J’ai épousé ma femme Chantale l’été dernier, après 24 ans d’aventures ensemble, et alors que les droits des communautés queer (2SLGBTQI+) subissent un recul ces dernières années (montée en force des lois anti-LGBTQ+, augmentation des crimes haineux et rhétorique politique de plus en plus hostile)… le moment me semblait opportun.

RCN : Vous êtes dans une situation peu commune : vous êtes membre de la communauté queer et vous travaillez pour une organisation catholique. Comment vivez-vous cela ?

MR : À vrai dire, certains jours sont plus difficiles que d’autres, mais c’est l’ouverture d’esprit de ces deux groupes qui me donne de l’espoir. Savoir que RCN est prêt à tendre la main… cela me rassure de savoir qu’il y a des catholiques qui nous aiment et nous acceptent tels que nous sommes. Nous faisons partie de cette communauté ; nous voulons y contribuer comme tout le monde. RCN montre l’exemple – peut-être que d’autres organisations commenceront à s’engager de manière plus significative aussi. Et puis, le simple fait de faire partie du Collectif me donne de l’énergie. C’est un espace sûr avec des gens comme moi, qui se soucient des autres et qui œuvrent pour un avenir meilleur.

RCN : De votre point de vue, comment évaluez-vous les progrès de RCN dans sa démarche visant à créer des espaces de santé et de services sociaux plus inclusifs ?

MR : Je suis très fière que RCN fasse un pas vers la communauté queer. C’est une démarche très avant-gardiste que d’ouvrir la voie au dialogue et à l’apprentissage. Je trouve regrettable que l’Église ne progresse pas plus vite pour intégrer davantage les personnes LGBTQ* et les femmes. À mes yeux, soutenir la communauté queer s’inscrit parfaitement dans la mission du RCN, ainsi que dans la mission catholique. Ce sont souvent des personnes qui font face à plus d’obstacles que les autres : elles sont plus touchées par la pauvreté et l’instabilité financière en raison d’une discrimination systémique dans les domaines du logement, de l’emploi et des services sociaux, ce qui entraîne des taux plus élevés de sans-abrisme, un accès plus limité à la propriété et une disparité croissante des revenus. De plus, la stigmatisation et la discrimination conduisent à des taux plus élevés de dépression et de mauvaise santé mentale. Si notre mission est de soutenir ceux et celles qui sont en marge, alors nous sommes sur la bonne voie.

RCN : Quand on fait partie d’une communauté marginalisée, il faut beaucoup d’énergie pour se lever et militer en faveur du changement. Où trouvez-vous le courage d’œuvrer pour un monde plus inclusif ?

MR : Il y a vraiment un groupe de personnes formidables au sein du Collectif, à RCN et dans la communauté francophone en général. Mon rêve, c’est qu’un jour, nous n’ayons plus à parler de tout ça. Je rêve d’un jour où personne ne remettra en question qui vous aimez, comment vous vivez ou ce qui vous comble. Si c’est l’amour, cela devrait suffire – suffire pour que chacun puisse vivre librement et être accepté tel qu’il est. C’est un rêve assez ambitieux, je sais, mais pour l’instant, nous allons commencer par créer davantage de sécurité dans de petits espaces. J’ai l’impression qu’il y a un manque de compassion et d’empathie dans le monde ces derniers temps ; envers les autres, envers la Terre elle-même, et partout aux quatre coins du globe. Mais c’est l’empathie qui permet le changement : elle humanise les gens, elle motive l’action, elle crée des liens et redéfinit les valeurs. L’empathie transforme la prise de conscience en bienveillance, et la bienveillance en action. Lorsque nous faisons preuve d’amour, nous pouvons faire la différence. Et je sais que je ne pourrais pas aborder ce sujet aussi ouvertement au travail sans l’empathie, l’acceptation et le soutien de l’équipe de RCN. Nos communautés peuvent grandir et être en sécurité, ensemble.

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