Le mot du cœur

29 janvier, 2026 | Le mot du cœur

En tant que directeur des initiatives stratégiques, Paul Vermette participe à de nombreux projets collaboratifs au sein du réseau. Il accompagne depuis plusieurs années le groupe de travail sur la santé mentale et la consommation de substances dans sa recherche de nouvelles et de meilleures façons de servir nos communautés.

Réseau Compassion Network : Tout d’abord, pouvez-vous nous parler un peu de ce groupe de travail et de ce qui les a réunis ?

Paul Vermette : Ce groupe d’organisations a une responsabilité particulière envers nos communautés; celle de soutenir les personnes qui souffrent de troubles de santé mentale et de toxicomanie. De plus, bon nombre des personnes qu’elles aident ont également des problèmes médicaux. Ces gens sont confrontés à une situation complexe, où un problème rend plus difficile la résolution d’un autre. Ce groupe de travail offre une très grande variété de services et les leaders de ces organismes partagent la même conviction :

s’ils s’unissaient pour former un écosystème autour des personnes qui en ont le plus besoin, et facilitaient l’accès aux services, ils pourraient faire plus de bien que si chaque organisation agissait seule.

Certaines personnes passent entre les mailles du filet de nos systèmes, et ce groupe de travail s’est donné pour mission de changer cela.

RCN : Vous parlez des membres de la communauté qui ont plus besoin de soutien que la plupart des autres ; pouvez-vous expliquer pourquoi certaines personnes rencontrent plus d’obstacles pour obtenir des soins ?

PV : Ces organismes font des observations très similaires dans leur travail quotidien : il y a ceux et celles qui ont des besoins complexes en matière de santé et de services sociaux, qui bénéficient de nombreux soutiens et qui peuvent naviguer seuls dans les systèmes. Ils disposent peut-être d’un soutien personnel ou familial, de moyens financiers plus importants ou d’un accès aux transports. Cependant, pour une personne qui se trouve dans une situation complexe sans soutien, qui fait partie d’un groupe souvent victime de discrimination ou qui souffre peut-être d’une déficience intellectuelle, il peut lui sembler impossible de trouver les soins et les services dont elle a besoin. Si le transport est un défi, si elle n’a personne pour l’accompagner et l’écouter, si elle a du mal à suivre ses rendez-vous et comprendre les informations importantes qui lui sont données, il devient vraiment difficile de tout gérer cela tout en essayant de retrouver la santé.

RCN : Nous savons qu’il est encore tôt, mais le groupe de travail a quelques idées en tête. Selon eux, qu’est-ce qui pourrait changer la donne ?

PV : Il y a eu beaucoup de discussions sur la manière de combler ces lacunes en matière d’accès aux soins. Même une orientation d’un organisme vers un autre ne suffirait pas si la personne ne peut pas se rendre physiquement à l’autre endroit ou si la liste d’attente est de six mois. Ces personnes ont besoin de quelqu’un à leurs côtés, quelqu’un en qui elles peuvent avoir confiance et qui les aide à naviguer dans le système, au sens propre comme au figuré. Bon nombre de nos organisations évaluent déjà les personnes à leur arrivée afin de déterminer le type de soutien supplémentaire dont elles pourraient avoir besoin pour recevoir des soins appropriés. Certaines de ces personnes pourraient avoir besoin de soins plus urgents ou de soins différents de ceux offerts par une autre organisation. Ce concept d’accès prioritaire, associé à un navigateur du système ou à un soutien par les pairs, pourrait faire une grande différence pour les individus qui font face aux plus grands obstacles. Ce n’est pas quelque chose qu’ils peuvent faire pour tout le monde, mais le groupe de travail s’accorde à dire qu’ils doivent commencer par ceux et celles qui ont le plus besoin de ce soutien.

RCN : Vous avez côtoyé ce groupe au cours des dernières années, alors qu’il s’efforçait de trouver de meilleurs moyens de servir la communauté. Qu’avez-vous remarqué à leur sujet?

PV : Je pense beaucoup au concept de la Roue du pouvoir – Wheel of Power, qui nous aide à comprendre qui navigue naturellement dans notre monde avec une relative facilité et qui rencontre naturellement des obstacles. Ce groupe reconnaît que nos systèmes sont beaucoup mieux adaptés aux personnes qui se trouvent au centre de la roue, et il souhaite donner la priorité aux personnes qui se trouvent à son extrémité; celles qui ont moins de pouvoir. Il s’efforce délibérément de faciliter l’accès aux services pour ces personnes et souhaite rééquilibrer le système au fur et à mesure.

Cela me fait vraiment penser aux Sœurs qui ont fondé nos organisations ; elles étaient connues pour aller vers ce qu’elles auraient appelé à l’époque « les gens en marge de la société ». Elles auraient voulu que nous fassions ce travail de cette manière, afin de soutenir ceux et celles qui en ont vraiment le plus besoin. C’est incroyable de voir le groupe de travail se constituer et je me sens très chanceux de pouvoir simplement être témoin de leur travail. J’ai bon espoir de voir les bonnes choses qui découleront de leur collaboration.

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