Un nouveau rôle essentiel au West End 24/7
Un projet pilote important
Alors qu’il participait à un groupe de travail provincial visant à mettre fin à l’itinérance chez les jeunes, Réseau Compassion Network (RCN) s’est vu offrir la possibilité de soutenir un projet pilote de trois ans visant à mettre en place une ressource centralisée pour soutenir le personnel et les opérations de quatre refuges de nuit pour jeunes à Winnipeg.
Ces nouveaux espaces sécuritaires font partie d’un système de soutien à trois niveaux considérés comme essentiel pour répondre aux besoins de ces jeunes, à commencer par ce système de refuges de nuit, suivi de logements de transition avec un soutien complet, puis d’un troisième niveau de soutien à l’emploi et à l’éducation.
Au cours de ce projet pilote, RCN versera un total de 225 000 dollars en finançant ce nouveau rôle jugé essentiel pour garantir le succès de ces espaces sûrs et ainsi mieux aider les jeunes qui en ont besoin.
Le personnel de WE24 travaille 7 jours sur 7 pour venir en aide aux jeunes dans le besoin
(photos gracieusement fournies par WE24)
Appui aux services d’aide à la jeunesse de Winnipeg
Summer Price est la nouvelle coordonnatrice du développement durable des espaces sécuritaires pour les jeunes au West End 24/7 Safe Space (WE24). Elle souligne que c’est un long titre pour dire qu’elle est là pour les jeunes, quelle que soit leur situation. Au WE24, les adolescent.e.s et les jeunes adultes âgés de 13 à 26 ans sont les bienvenus pour venir manger, se faire des amis et passer du temps dans un endroit calme sur la rue Langside. Mme Prince et une équipe de collaborateur.trice.s dévoué.e.s travaillent sans relâche pour s’assurer que les jeunes du quartier ont quelqu’un vers qui se tourner lorsqu’ils en ont besoin.
L’organisation travaille avec des jeunes de tous horizons. Certains vivent avec leurs parents ou leur famille, mais ont besoin d’un soutien supplémentaire. D’autres sont pris en charge par les services sociaux et ont peut-être quitté leur foyer d’accueil ou se sentent perdus et seuls. « Nous accueillons tout le monde avec une approche tenant compte des traumatismes subis et sans jugement », explique Mme Prince. « Nous ne procédons pas à une admission traditionnelle, avec des formulaires et des questions. Nous ne voulons pas être simplement « un autre travailleur », nous voulons établir des relations avec eux. »
Actuellement, Winnipeg compte quelques organisations qui offrent refuges et des services de nuit aux ados et jeunes adultes : Rossbrook House, Tina’s Safe Haven, Velma’s House, The Link et WE24. Ce qui leur manquait, c’était un moyen de se connecter entre les sites et de travailler ensemble plus facilement pour le bien de leurs communautés. C’est là que le rôle de Mme Prince entre en jeu.
« Nous avons été invités aux réunions du Bureau de l’innovation sociale du Manitoba, où nous nous sommes concentrés sur la manière de mieux soutenir les adolescent.e.s et les jeunes adultes qui rencontrent plus d’obstacles que la plupart des autres », explique Daniel Lussier, directeur général du RCN. « Il existe une corrélation directe entre les jeunes qui sortent du système de protection de l’enfance et ceux qui se retrouvent sans domicile, dans nos rues. Lorsque nous avons appris que des organismes comme WE24 avaient besoin de financement pour être plus efficaces et travailler en partenariat plus étroitement avec d’autres organisations offrant des services similaires, nous avons été très intéressés de savoir comment nous pouvions aider. »
« Les besoins des jeunes ne cessent de croître, et il y a beaucoup de travail formidable qui se fait dans la communauté », explique Mme Prince. « Nous travaillons souvent avec les mêmes individus, nous sommes confrontés aux mêmes défis et nous pouvons nous entraider ; si un refuge est plein, ou si nous avons besoin d’une recommandation pour des services de logement, par exemple, nous pouvons compter les uns sur les autres. Nous ne voulons pas que quelqu’un passe entre les mailles du filet, c’est pourquoi nous devons travailler en étroite collaboration. » Daniel Lussier confirme que c’est ce qui a incité le Bureau de l’innovation sociale du Manitoba à envisager ce nouveau rôle comme une solution potentielle. « Au cours des dernières années, le nombre de jeunes qui cherchent un refuge pour la nuit a considérablement augmenté », explique-t-il. « Nous avons entendu dire que ce ne sont pas seulement les jeunes qui ont besoin de plus de soutien, mais aussi les équipes qui travaillent avec eux, qui ont besoin d’une meilleure aide pour gérer les situations de crise et se soutenir mutuellement en tant que collègues. »
Les grands refuges centraux situés dans le centre-ville intimident les jeunes et ne disposent pas toujours des services spécifiques nécessaires aux jeunes sans-abris. Le projet pilote de trois ans permettra de continuer à répondre de manière plus appropriée aux besoins particuliers de ces personnes.